Politique

RDC : Félix Tshisekedi convoque le Dialogue national pour la paix et exclut toute amnistie pour les crimes graves

C Cedrick Bashala • • 133 lectures

Lors d’un discours à la Nation ce jeudi 27 Août, empreint de fermeté et de cadrage politique, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé la convocation du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Présenté comme une initiative strictement souveraine, conçue par et pour les Congolais sur le sol national, ce forum vise à rassembler l'ensemble des forces vives du pays autour de la défense de la République, de la consolidation de la paix et de la protection des intérêts stratégiques. 

Une initiative souveraine sans partage mécanique du pouvoir

Marquant une rupture nette avec les pratiques du passé, le Chef de l’État a tenu à préciser que ces assises ne serviront pas de cadre aux habituels arrangements politiques.

« Nous avons trop souvent répondu aux crises par le partage du pouvoir plutôt que par la consolidation de l’État », a déploré Félix Tshisekedi, soulignant que les précédents dialogues se sont trop souvent résumés à des compromis entre élites politiques, en décalage avec les aspirations profondes du peuple congolais.

Pour garantir l'efficacité et la crédibilité de la démarche, le président de la République s'est engagé à préserver l'indépendance, la représentativité et la sécurité du processus. Il s'est ainsi porté garant de la mise en œuvre effective des conclusions issues des travaux, promettant qu'elles seront scrupuleusement traduites en réformes institutionnelles et en actes concrets.

Inclusivité encadrée et exclusion des groupes armés

Si le maître du jeu insiste sur l'ouverture du débat à toutes les sensibilités politiques et citoyennes, il fixe néanmoins des lignes rouges infranchissables concernant la participation au forum :

Rejet des armes et de la trahison : Ne pourront prétendre s'asseoir à la table des négociations ceux qui combattent l'ordre constitutionnel par la force, occupent une portion du territoire ou agissent sous la tutelle d'une puissance étrangère, ciblant explicitement le Rwanda.

Primauté des voies démocratiques : Aucun groupe armé ne pourra prétexter le principe d'inclusivité pour imposer par la violence ce qu'il n'a pas obtenu par les urnes ou les lois de la République.

Respect de la liberté d'opinion : L'inclusivité garantit qu'aucun citoyen ne sera écarté en raison de ses critiques ou de ses convictions politiques, tant qu'il s'inscrit dans le cadre républicain.

  Pas de réconciliation sur l'oubli : l'impunité proscrite

Sur le volet de la justice et du pardon national, Félix Tshisekedi a posé une limite catégorique pour éviter les erreurs du passé :

 Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide, les violences sexuelles graves et les autres crimes imprescriptibles ne pourront être effacés par une amnistie générale, ni sacrifiés au nom d’un compromis politique. Nous ne construirons pas la réconciliation sur l’oubli. »  

En traçant ce cadre strict, le président de la République réaffirme que la quête de la cohésion nationale ne se fera pas au détriment du droit des victimes ni de l'exigence de justice. Le ton est désormais donné pour l'organisation de ces assises destinées à poser les fondations d'un État congolais fort et restauré dans sa souveraineté.

LeBaron ✍️

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